Allégorie du pagayeur

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Cette œuvre (sans titre) est une scuplture en fer forgé de mon oncle Albert Brodmann.

Elle m’inspire l'allégorie suivante :

Un homme traverse la vie comme il pilote sa barque sur un fleuve. Il a cinq passagers à bord. Le premier ne parle que d’activités, le second de relations, le troisième de valeurs, le quatrième d’images de soi et le cinquième de motivations. Si l’homme à la pagaie se laisse emporter par ces récits, il se perd alors dans des méandres qui l’emmènent vers des marais agités par d’autres embarcations nombreuses et diverses. Sur ces marécages aux horizons bouchés, les uns se vantent de ce qu’ils font, les autres de qui ils connaissent, de ce qu’ils valent, de qui ils sont ou encore de ce qu’ils veulent. Déboussolés par tant de vanité et d’invectives, les pagayeurs perdent tout sens de l’orientation. Les barques se fracassent et beaucoup se noient.

Il est dangereux de n’écouter qu’un seul passager, car ses vues sont limitées. Il est par ailleurs impossible de les écouter tous en même temps, car cela devient inaudible. Le pagayeur doit donc les écouter tour à tour, mais sans jamais en laisser aucun occuper le centre de soi. En réalité, ces voix n’existent que dans sa tête. C’est en tissant les cinq fils de ces récits que le pagayeur assure l’équilibrage nécessaire à sa barque pour descendre le fleuve inconnu.

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Note: cette allégorie fait référence aux cinq dimensions du kaléidoscope de l'expérience